23 février 2006

Sidération

The Nightmare, Johann Heinrich Fuslli, 1781.



C'est de l'interruption d'un mouvement qu'il s'agit dans la genèse de la mélancolie, d'un mouvement in statu nascendi qui laissa le sujet en proie à la sidération.
Et la défense primaire contre un tel trauma se conçoit aisément qui s'édifia sur le rejet de tout investissement de la réalité, faute d'autre représentation immaginaire que celle de l'évidente insuffisance de l'Autre sur le plan de l'avoir et de soi sur le plan de l'être.
Enfin, ignorant qu'il continue à succomber aux effets de la catastrophe originelle, le sujet mélancolique n'a plus comme seul recours que d'en référer à un destin qu'il pourvoit de l'omnipotence du Père mythique, et derrière lequel se profile la cruauté d'un surmoi archaïque.
S'en remettant ainsi au destin, le mélancolique accepte de reprendre à son compte la faute ignorée des générations qui lui assure la place d'exception qu'il occupe dans l'ordre de la vérité, de même qu'elle maintient son langage dans l'ordre symbolique sous les auspice d'une alternative absolue : l'idéal ou la mort.